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jeudi 3 décembre 2009

Le 10 km de Paris Centre (le 4/10/09)

C'est le récit de ma deuxième course seulement. Je m'étais inscrit l'été dernier au départ du 10 km de Paris Centre, qui se tenait en automne.

Touché par une fracture de fatigue (sensation douloureuse au tibia pendant l'effort), j'ai pourtant du abandonner tout entrainement spécifique au cours de l'été, jusque cet événement début octobre. Repos et natation ont donc eu lieu à la place, ce qui m'a conduit au départ avec les jambes solides.

On ne sait pas trop dans quel état d'esprit on est, quand je me suis rendu ce dimanche matin là sur la ligne de départ. J'avais repéré la veille, avec mon fils, l'endroit où stationner près de la Samaritaine aujourd'hui désertée. Environ 45 minutes avant le départ, je coupais le moteur dans une ruelle perpendiculaire à la rue de Rivoli. Le temps était gris mais il ne faisait pas froid. Peut être 12 degrés.

Mes préparatifs étaient minutieux : enfilade du tee shirt, de la ceinture Garmin, du dossard avec les épingles (important les épingles, en général fournies), du short et des chaussures, solidement lacés. Je tenais le podomètre dans ma poche pour l'installer au dernier instant. Idem pour la puce de chronométrage, dont je lui réservais mon pied gauche.

Je fermais ma voiture et me rendit vers le lieu de rendez-vous à l'entrée des Halles. La particularité du parcours, c'est que je connais le quartier par coeur : place des victoires, rue Etienne Marcel, place Vendôme, rue Richelieu, avenue de l'Opéra ... En une seule boucle ! Que du magique, et toutes les rues étaient coupées de la circulation pour l'occasion. En plus je travaille dans le quartier en ce moment et j'y traine tous les jours. Le parcours passe même devant mon bureau et mon ex-bureau rue Saint Honoré. Un régal.

L'ambiance est toujours très bon enfant dans ces événements. Les gens (venus en groupe souvent) parlent de leur entrainement, de leurs performances, de leurs vacances et leur rentrée. Des amateurs comme moi aux athlètes émérites. Et des gens en bonne forme. Certains ne carburent pas aux antibios toute l'année, et sont des vrais sportifs avertis et convaincus. Mais qu'est ce que je fous là ?

Après un échauffement sur la rue Etienne Marcel évidée, lieu du départ, j'ai respecté la première phase de mon plan de match : prendre place dans la ligne. J'ai fait des recherches sur les résultats de l'année précédente et vu mon temps visé (entre 57' et 1h au mieux), j'ai calculé que je devais être placé aux 2/3 de la foule.

Bertrand Delanoe et Roselyne Bachelot ont fait un discours (sifflé) avant qu'ils ne donnent le départ.

Et puis un coup de feu donne le "la". Les gens ne cachent pas leur enthousiasme et je vis la foule s'étirer et se lancer à l'assaut de cette rue Etienne Marcel, avec en ligne de mire la place des Victoires à 400m de là.

Le premier kilomètre me permet de me rôder. Les jambes tiennent, le souffle se cale, et je ressens de suite le frisson du plaisir. Ca va être top.

Les 2e et 3e kilomètres se passent super bien. Je me rends vite compte que je dépasse pas mal, pourtant sans forcer du tout. Je suis obligé de zigzaguer entre les coureurs, qui discutent et profitent du paysage à cet endroit. Je fais attention car j'alterne chaussée et trottoirs. De plus des passants maladroits coupent le passage. Mais que fait la police ?

Puis arrive le premier frisson : l'entrée sur l'avenue de l'Opéra. Le monument nous salue au loin, et nous ne ferons que l'approcher. Dans l'autre sens, nous croisons les coureurs avancés. "Nous" car déjà je suis dans un groupe en particulier qui rigole et profite. Aucune sensation de forcer, tout se déroule naturellement. Pourtant le Garmin affiche déjà 5'30 de moyenne au kilomètre. Puis passage magique sur la place Vandôme. Magnifique.

Au 4e kilomètre, je vois le premier abandon : un malheureux qui s'épuise sur le côté de la chaussée. Je me dis qu'à ce niveau, tout va encore très bien. Il y en a qui n'ont pas de bol. Pour une fois ce n'est pas moi.

Arrive le 5e kilomètre au niveau du Palais Royal. C'est la moitié. C'est le ravitaillement. Des gens s'arrêtent pour boire, moi j'attrape une bouteille d'eau et m'en mets un peu sur la tête, malgré l'absence de soleil. Je bois mais un petit peu. Surtout ne pas s'arrêter, car le rythme est bien trouvé. J'ai gardé cette bouteille jusqu'au 6e kilo, puis je l'ai jetée car elle me gênait plus qu'autre chose.

C'est là que les sensations changent. Les jambes s'alourdissent, le souffle se raccourcit. Le rythme cardiaque augmente sans la vitesse. Je suis maintenant à plus de 175, dixit le Garmin. La fin va être moins drôle que le départ.

Mais je suis dans un groupe qui allait bon train, à un rythme régulier. C'était désormais mon groupe à suivre. Ca devient délicat mais gérable. Je sais que je devrai gérer mon énergie restante équitablement jusqu'à l'arrivée. Je ne dépassais plus personne mais personne ne me dépassait.

Arrive la rue Saint Denis. Ici c'est un kilomètre en ligne droite. Il faut suivre sans se poser de questions. Les gens ne parlent plus, ou peu. Peu après le 7me kilomètre, des pompiers acclament les coucurrents : ce sera la seule véritable ambiance mise par des spectateurs. Et pour cause, le virage à gauche juste après faisait découvrir une côte de peut être 200 mètres qui a surpris son monde. "La vache !" s'exclame alors un type devant moi. Ici malgré mon souffle court, j'adopte ma technique de côte : allonger la foulée et bien basculer les bras pour aider le mouvement : moins on y reste et moins il y a à monter. De plus ça va bien descendre ensuite, donc courage et surtout ne pas ralentir. J'ai même un peu accéléré.

C'est donc avec un RC de 190 que les 1500 derniers mètres se présentaient. Je suivais mécaniquement mon groupe, ayant pour repère une personne avec un tee shirt rose. Je me la suis fixée comme objectif à suivre, un peu naïvement mais sereinement, on avait la même foulée. Il fallait me raccrocher à quelque chose.

En suivant ainsi, et au détour du dédale des rues, je perdais mon sens de l'orientation, dans ces rues que je connais pourtant par coeur. Où sont les Halles, point d'arrivée ? Devant, derrière ? Les rues tournaient encore, j'étais saoûlé et ça m'a donné le vertige. Continuer à suivre, c'est le seul mot d'ordre.

Le 9me kilomètre, au niveau de la place des Victoires pour la deuxième fois, marquait le début de la fin des hostilités. La nana au panneau s'écriait "C'est le dernier kilomètre ! C'est le dernier kilomètre ! Il faut tout donner !"

Au virage suivant apparaissait la rue de mon travail. Qu'elle est longue ! Je n'ai même pas pu apprécier le passage, que le groupe accélérait. Les dernières réserves, les dernières cartouches, c'est maintenant. Plus que 5 minutes au mieux. Ma cible au tee shirt rose était toujours devant moi, mais n'accélérait pas. Je savais que sur les derniers 500m, au niveau de la rue du Louvre, je pourrai la dépasser.

Encore un dernier détour par une petite rue puis je me faisais dépasser par des sprinteurs. Plus que 300m. La rue du Louvre. J'accélère. Mes jambes tiennent super bons, mon souffle tel un turbo fait s'envoler le Garmin : 207 de rythme cardiaque. Je laissais les tee shirts roses derrière moi. Théoriquement j'aurais du mourir, là, près de mon travail. Ici plus personne ne discute et ça pulse chez tout le monde. Dans "course à pied", il y a "course", en effet.

Puis je m'évadais à l'entrée de la rue Rambuteau vers un inconnu à vitesse V. Dernier virage au niveau de l'église Saint Eustache et voici la ligne d'arrivée. Les gens courent comme des malades. Je faisais pareil, mécaniquement, et passais la ligne d'arrivée en musique et avec soulagement.

La deuxième partie aura été longue, et la foule s'arrêtait juste derrière la ligne. Je n'ai pas l'habitude de stopper net après un effort conséquent, et j'ai du en vitesse passer les barrières de sécurité pour "finir" de courir, en trottant puis en marchant. Je me sentais mal au milieu de cette foule compacte. Ils auraient du laisser un corridor après la ligne pour ne pas bloquer les gens.

C'est comme ça que j'ai raté la distribution d'eau, de la médaille, et que j'ai gardé la puce de chronométrage.

Après ma récupération, 10 minutes plus tard après avoir trottiné dans les allées du jardin des Halles, je me suis senti étonné par mes jambes qui avaient bien assuré. J'ai quand même du étirer mes ischios et mes quadriceps pendant une vingtaine de minutes pour bien les remettre.

Les gens étaient à la fête, ils parlaient de leur frais exploit, à quel moment ils ont accéléré, comment ils sont partis ... Puis organisaient la suite de leur journée : "On se retrouve à quel resto ?", portable scotché à l'oreille à la recherche de partenaires égarés.

Puis je suis allé rendre ma puce à ces messieurs de Top Chrono. Et de rentrer chez moi, très satisfait. Et avec la médaille aussi bien sûr.

Au total, 56'30 à ma montre (temps réel) et plus de 58' temps officiel, la faute à mon positionnement au départ que j'aurais pu franchement améliorer.

Je suis très content du résultat, même si une fois je me suis chronométré moi même en moins de 56' sur cette distance. Je sais quelle est alors ma marge de progression.

Mais le but ici était de finir, en bon état si possible. Objectif atteint.

mercredi 18 mars 2009

Récit de course : ma première course !

Dimanche dernier je me suis lancé dans ma première course. Ce n'était pas une vocation à la base, mais l'idée m'a paru intéressante, à la lecture d'articles sur le sujet. 

En fait j'étais curieux de découvrir l'ambiance, voir qui participe et ce que les gens en attendent ... 

J'ai trouvé ma cible sur internet : un 5 km à 15 km de chez moi (La Salucéenne). Dans la voiture, je me posais pleins de questions, en me rappelant où je devais arriver pour me garer, sur le parking de la jardinerie. Cet objectif est réalisable, l'idée étant de terminer la course, que j'ai appréhendé comme un grand footing collectif. 

En arrivant, vers 9h15, il y avait déjà plein de monde, qui s'habillaient, et qui s'échauffaient en trottinant ou en s'étirant. Je me suis donc habillé comme eux, avant d'aller m'inscrire. 

Dans le gymnase faisant office de point de départ, plusieurs tables étaient installées. Il y avait deux courses : un 5 km, et un 15 km. Donc deux tables. Les dames ont pris mon papier d'inscription fraichement rempli, et m'ont demandé le certificat médical (obligatoire). Et la côtisation de 7 euros, soit plus de 1 euro le kilomètre. En échange, j'ai eu un dossart à mon nom. C'est dommage qu'ils l'aient récupéré à la fin. Ca aurait fait un souvenir. J'ai eu du mal à le mettre sur le short avec les agrafes. C'est une première course ! 

Le temps a passé, et le soleil était radieux, pour la grande satisfaction de tous. J'ai donc opté pour l'option short, ce que je n'ai pas regretté. J'avais aussi un pantalon en prévision, que j'ai donc laissé dans la voiture. 

Je me suis donc échauffé aussi, sur la rue principale, en trottinant. Elle faisait ligne droite et j'ai noté sa forte pente. L'arrivée sera donc en descente ... Conclusion, ça doit monter dur quelque part. 

A 9h58, le type au micro appelle au ralliement sur la ligne de départ. Comme aux J.O., le starter était prêt, pistolet levé en l'air. A 10 heures pétantes, c'est le coup de feu.  Je m'attendais à une ambiance plus festive, mais tout s'est fait dans un calme bien relatif. Les gens discutaient entre eux en partant doucement. C'est que c'est une course de reprise de saison pour les assidus de la discipline. 

En passant la ligne, je déclenche le garmin. Tous les zéros s'animent pour une demi heure inédite. Les alarmes fraichement réparées la veille se mirent en route, et j'ai vite compris que toute la course allait se faire au rythme des bip bip, en voyant ma pulsation déjà à 134. Le trac peut être ?  

Premier virage à gauche sous l'autorité des policiers municipaux sortis pour l'occasion. Déjà le peloton s'étire sur toute sa longueur. Peut être deux cents personnes, ou un peu plus. Et déjà une montée progressive. Le premier kilmomètre me sert toujours à ma caler. La montée a sollicité mon souffle, mais ça allait. Je me suis même surpris déjà à dépasser des bavards.  Sans forcer. Sûrement des gens aux 15km, me suis-je dit. 

Cette montée n'était pas prévue au programme, pour une course soit disant de ville en plat. Elle a duré deux kilomètres. 

Une inscription au premier kilomètre était visible par terre, dans la rue principale. Le Garmin sonne pile à cet endroit pour indiquer 5'46. C'est un bon temps pour moi, tout se passe bien. Moins de 6' au premier kilomètre est un signe d'optimisme pour la suite, et donne le moral. 

Après la première longue montée, une descente se présentait enfin. C'est là que j'ai compris comment appréhender cette course : s'économiser en montée, et rattraper en descente. J'ai donc franchi le troisième kimomètre en vitesse supérieure, pas de quoi se surestimer, simplement après avoir trouvé le bon équilibre entre souffle et foulée. L'ensemble tient bon, les jambes sont bien solides, et la machine avance. J'ai compris que ce kilomètre est passé bien vite. 

Puis une montée un peu brutale, qui oblige tout le monde à ralentir sur 200 mètres. Arggh ! Stratégie dans ce cas, comme un travail par intervalles en côte (que je n'ai pas fait depuis bien longtemps, comme quoi ça tombait bien !), attaquer sans ralentir, en augmentant la foulée. La pulsation passa donc à plus de 190. Arrivé en haut, je me suis économisé sur le plat, avant de nouveau une période plate. 

C'est au quatrième kimomètre qu'un ravitaillement était proposé. Il n'y avait que de l'eau, distribué par les bénévoles. Mécaniquement j'en ai pris un, mais je me suis rendu compte que boire en courant ce n'était pas facile. J'ai donc humidifié seulement ma bouche, avant de laisser le verre par terre, avec pleins d'autres gobelets. 

Puis la descente finale, avant le virage sur la gauche dans la rue de l'arrivée. Mon repérage du nom des rues m'a aidé ici : à la rue du Pont Neuf c'est la dernière ligne droite. En descente. Donc en enlevant les freins. 

J'arrive en bas à vive allure. Un bénévole regarde mon dossart et me dis de me ranger sur la gauche. C'est fini, et c'est là que le garmin enregistra le 5me kilomètre. Il restait encore une centaine de mètres avant la fin, au niveau du gymnase en retrait de la rue. Pour le 15 km, il aurait fallu continuer et refaire encore deux boucles. 

Le monsieur du micro annonce mon dossart à une foule inexistante. Je voyais le temps s'écouler sur le grand chronomètre. Il annonce 28'01, ce qui m'a bien satisfait en soi faut dire. Juste après la ligne, sans avoir le temps de récupérer, une table m'accueillait avec les deux dames. Elles m'ont repris le dossart et m'ont donné un tee shirt souvenir. 

Et puis au revoir. Juste après, le temps de récupérer avant de rejoindre ma voiture. Le tout dans une atmosphère impersonnelle, remplie d'habitués sortant pour la première fois de leur hibernation. Les gens racontent comment ils ont performé, sans éclat particulier. Et de râler sur cette côte de 2 km au démarrage. 

J'ai donc fait (mesuré par le garmin) : 

Km 1 : 5'46
Km 2 : 5'48
Km 3 : 5'03
Km 4 : 5'35
Km 5 : 5'10
soit 27'22 mesurés (je suis parti 30 secondes après le starter sur la ligne de départ) pour 28'01 mesuré officiellement. Mais la ligne était en fait 110m plus loin, donc à ce moment là j'ai mesuré 27'55. 
Le RC moyen était de 177, soit une bonne moyenne pour moi. Elle est montée à 198 dans cette fameuse côte de 200 mètres en milieu de course. Le coeur a bien tenu et n'a pas claqué (lol !). C'est là que j'ai apprécié les séances de natation hivernales ... 

Bref une bonne expérience. Je m'attendais un peu à ça, mais en un peu plus festif. Là on passait dans les rues au milieu des passants et des voitures dans une grande indifférence, mais qu'importe ... C'est le plaisir qui compte, et il était total sous un beau soleil. 

Et je me suis surpris à avoir bien géré la course, surtout sans aucune préparation sérieuse, à part deux footings dans la semaine qui ne m'auront pas économisé pour autant. Les jambes auraient pu être bien plus lourdes et le souffle plus fastidieux.  
 
La prochaine fois ce sera le 15 km !